Bon, ça y est : à plouche les
Portuguais ! Malgré leur jeu très offensif, malgré leur splendide concours de
plongeons, la défense française fut imbattable et le billet de train des Bleus
est composté. Ils partent donc pour Berlin, le but étant de décrocher leur 2ème
étoile, tout comme moi lors de mes classes de neige à Crest-Volant en février
1975.
Bon, parlons de Berlin. C’est
une ville assez grande et assez importante des Teutonies Orientales et
Occidentales réunifiées. Cette ville, avant, était excessivement internationale
puisqu’on y croisait plein d’américains, de français, d’anglais, qui avaient
beaucoup de mal à croiser des russes à cause d’un dispositif affichage assez
dingue : les afficheurs se disputaient des emplacements premiums sur une
palissade géante. Ce dispositif media était très puissant et c’est, à ma
connaissance, le seul réseau qui ait été à ce point connu du monde entier.
Mais, dans un souci de
requalification de leurs réseaux d’affichage, les outdoor contractors – comme
les appellent les rosbifois – décidèrent le démontage de leurs panneaux en
1989. En tout cas, c’est comme ça qu’on pourrait raconter le truc d’un point de
vue media.
Ce dispositif étant tellement puissant en terme de notoriété que quelques
entrepreneurs peu soucieux sont en train d’en mettre un en place, en ce
moment, au proche Orient… oubliant l’inefficacité du piètre exemple
teuton. C’est désolant.
X
X
Vous aurez noté dans les deux
cas le caractère peu esthétique de ces dispositifs, mêmes si les teutons
orientaux s’attachèrent à le décorer.
Revenons à Berlin, qui est
aussi une ville où on se prend facilement au jeu : j’ai connu un américain
catholique et cathodique qui, du temps de la palissade géante, s’est même cru
Germain le temps d’un discours («Ich bin ein Berliner !», le 26 juin 1963…) :
ces américains ont le goût de la mondialisation depuis si longtemps !
Notre photo Gougueuleurse
sera peu lisible, du fait de l’énorme étendue de la ville : Le centre ville,
que nous nommerons (pour des raisons évidentes de praticité) « Check Point
Charlie », est particulièrement éloigné du stade, que nous nommerons « Check
Point Raymond » (pour les mêmes raisons évidentes de praticité) : Check Point
Raymond est en effet relégué au fin fond de la banlieue Ouest de la ville…
… avec plein d’eau et de
verdüren aux alentours.
Check point Raymond est un
vieux monstre, puisqu’il peut accueillir jusqu’à 74 228 spectateurs au
sein de ses 803 mètres de circonférence. Il fut inauguré le 1 août 1936, mais a
été retapé plusieurs fois depuis.
L’impact de son architecture
sur l’issue de ce match est à prendre en compte :
Les photos suivantes vous montrent la mode architecturale de l’époque.
… en ‘36, la tendance n’était
donc pas à la plaisanterie gauloise (… heu, en fait, surtout pas…), mais plutôt
à l’allégorie carrément empruntée, tirant éventuellement sur le Stone Enge,
mais plutôt vers un revival de l’impérialisme antique romain… nos amis
transalpins risquent de pas être dépaysés du tout, et donc d’être un peu trop à
l’aise… ‘faudra voir.
Tiens donc ! Les
transalpins…. Juste après avoir eu à en découdre avec les Champions du Monde
des cartons rouges et jaunes, de la casse d’adversaires, et qui se révélèrent
aussi (comme évoqué plus haut) de futurs champions olympiques du plongeon
(plongeoirs des 5 et 10 mètres), voici nos Bleus maintenant confrontés aux
Maîtres absolus, descendants directs de la Comedia del Arte, ceux qui se
roulent par terre plus vite que leur ombre en se tenant un tibia,
ladies’n’gentlemen, j’ai nommé les ritals !!! Ma qué ! Si nous, français,
sommes peut-être coutumiers du planté-de-bâton, les italiens restent sans
conteste aucun les inventeurs et détenteurs de l’ultime technique du «
tenu-de-tibia », et en plus : même pas mal !!! Pour ceux qui ont vu le match
Allemagne-Italie, l’attitude de l’arbitre était claire puisque, désabusé, il
leur faisait un p’tit signe qui voulait dire « arrête ton cinoche, et relève
toi »… Avouons le : il serait dommageable que les italiens arrêtent leur cinéma
puisque cela ferait un tort terrible à Cinecitta, à Cannes et à Venise.
Sans ça, chez TF1, R.A.S.… la
tendance serait au trempage du cigare dans le cognac avant de le chauffer :
c’est meilleur parait-il. La chaîne et les heureux annonceurs présents dimanche
prochain s’assurent un excellent R.O.I.
Sur M6, en revanche, l’ambiance doit être un chouia moins euphorique, et je me
permets d’y pronostiquer un encombrement publicitaire sur le secteur de
l’édition musicale en cette soirée de dimanche 9 juillet.
Bon maquillage, et excellent
match !
Jérôme Courcoux –
palissadologue de renommée mondiale
Cet article a été publié le Jeudi 6 juillet 2006 à
5:51 pm
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