… ‘faut voir, c’est pas
garanti…Mais sans attendre, orientons tout de suite notre satellite sur
Hanovre…
L’analyse topographique des
lieux est claire : ce n’est plus un filet d’eau, mais carrément un plan d’eau
qui jouxte directement le stade : c’est bon ! La verdure est assez importante,
mais la vue présentée ici étant en perspective, cela nous cache l’importante
distance qui sépare le stade de ce gros bosquet verdoyant, il faut espérer que
l’oxygène parvienne jusqu’aux Bleus. Vous noterez que, au TanGram, la forme du
bosquet est hyper difficile à reproduire, elle vaut au moins 12 points.
Du fait de cette même perspective, la Gare apparaît plus proche que dans la
vraie vie germanique, donc, faites attention.
Cet endroit me paraît assez peu vallonné et somme-toute assez rasant.
Au niveau Météo, il est prévu un petit 23°, ensoleillé : le terrain risque
encore d’être trop sec aux yeux de Ray Do’, donc c’est pas bon signe pour lui :
comme au turf, il trouve que le terrain lourd profite plus à ses pouliches.
Pour les côtes du Quinté +, consultez donc Bilto.
Etudions maintenant notre
redoutable adversaire : nos amis ibères.
J’ose ici reprendre Desproges pour défendre ma thèse, en évoquant le fait qu’ils sont un peuple fier et
ombrageux, avec un tout petit cul pour éviter les coups de cornes
(Les Etrangers Sont Nuls). Transposée dans le monde Footballistico-media, cette
définition peut faire peur, en effet :
1- La fierté ibérique : entre
les catalans, les basques, et le reste de ce beau pays trop chaud pour moi,
l’espagnol a le droit d’être fier : avoir été endormi durant de si nombreuses
années sous le terrible joug de la milice, avoir pris tant de retard sur toute
l’Europe, mais surtout l’avoir rattrapé aussi bien et aussi vite dès l’arrivée
du apparemment si mou Jan Carlos : chapeau ! Olé ! Culturellement, ce pays est
au top, et nous colle la honte régulièrement (las ketchup, Enrique Iglesias…).
Au niveau media, même Canal + Espana n’est plus qu’une license ! Ces gars là
ont la hargne.
2 - Ombrageux : je ne suis pas
du tout hispanophone, je parle juste l’espagnol vital (dondé ès el naillete
cloube por favor ?- quanto ès ? – vamos a la playa oh- oh-ohohoh), mais écoute
donc un espagnol dire un seul mot, le plus beau de tous… En effet cette langue
sait magnifiquement être à la fois coulante, roulante et gutturale. Ce mot,
c’est « cœur » : corazon. Avec un « z » prononcé un peu comme Fofie Favier
prononce les « S ». Maintenant, oublie cette barrique* qui nous présente
l’EuroMillion, ferme les yeux, et imagine un bel hidalgo (pas Michel !…), les
sourcils froncés, la tête baissée et en retrait, susurrer – tout doucement mais
gravement - du bout des lèvres « mi corazon ». Grand frisson garanti (et
en plus, je suis à fond hétéro !). Mais dans ce regards ombrageux, il est
impossible de discerner le vrai du faux… attention à la ruse…
3 - Un petit cul pour éviter les coups de
cornes : avoue que la définition est parfaite quand, toujours en
fermant les yeux (pas maintenant ! ‘faut lire !), tu vois ce si fier pantin :
scintillant de dorures, droit comme un « I » qui attend son point, le menton
haut, les chevilles les mollets et les cuisses collés, portant ostensiblement à
gauche histoire de prouver sa haute masculinité. Et il nargue 948 kilos
de muscles bandés qui ne demandent qu’à l’empaler face à un public chauffé à
blanc que le soleil divise depuis toujours : les riches à l’ombre, les pauvres
au cagnard. Les codes locaux ont quelques chose de fascinant…. Donc, stratégie
de l’évitement à prendre en compte.
Note au lecteur : je ne suis
ni pour ni contre la tauromachie. C’est un folklore dont je me foot
complètement.
Mélangeons maintenant ces
trois ingrédients et nous obtenons des joueurs qui ont la hargne de vaincre,
excessivement rusés et ont un jeu difficile à prévoir. Pas cool du tout. Donc,
pour les Bleus, va falloir y aller franco !
Il reste à espérer qu’aucun
joueur de cette sélection transpirante et transpyrénéenne ne soit originaire
des environs de Ploumazout, de Kerozern ou de Trégasoil** : tous les
Baie-de-Sommois et les Solognots en bottes et Kangoo vert kaki l’affirment :
l’espagnol breton est un excellent rapporteur ! Et « rapporter », ma Maman et
ma Pelle-Mère m’ont toujours dit que ce n’était pas bien du toutou, sauf
en Baie de Somme et en Sologne. Mais ici, nous sommes dans l’ex-République
d’Allemagne de Droite, bien que située à gauche sur Viamichelin : ces
remontrances sub et super-enfantines que j’ai pu subir n’y ont donc pas court
de tennis puisque nous causons foot… Je suis sincèrement désolé.
Bon, c’est pas tout ça, mais
‘faut que j’y aille : mon papa est là.
Bon match.
Jérôme Courcoux
*l’as-tu remarquée dans son décor virtuel, engoncée dans sa robe de gala
pourpre et ridicule prête à péter sous la pression (en cette fin de phrase,
c’est la robe que j’évoque, restons dignes).
**rendez-vous compte que parmi ces trois noms de patelins, c’est dingue, mais
il y en a un qui existe vraiment…ça s’appelle le destin…
Cet article a été publié le Mardi 27 juin 2006 à
12:42 pm
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